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12月22日

La tête de grand-mère...

 

La tête de grand-mère ...

 

Je me souviens …

 

Enfant, avant de me coucher, je m’arrêtais toujours sur la plus haute marche de l’escalier menant à l’étage où s’ouvrait ma chambre. J’y restais pelotonné, les yeux fermés, remplissant mes poumons des odeurs du bois qui pétillait dans la cheminée. Je me laissais bercer par les chuchotements de mes parents, puis subitement j’écarquillais mes prunelles. J’aimais observer leurs visages colorés par le jeu  des flammes comme le faisaient les enseignes lumineuses sur ceux des passants à Noël !

Un éclat de voix me tira de ma torpeur :

« Ta mère a perdu la tête », disait mon père à ma mère.

J’en sursautai et craignant d’être découvert  je détalai comme un boulet, croisant au passage notre chatte noire, le poil ébouriffé et la queue gonflée comme un goupillon . Tapi dans le fond de mon lit, sous la couette, mon cœur battant la chamade, j’essayais de comprendre.

J’avais pourtant déjà entendu mon père dire d’elle : « c’est une vraie tête de mule ! »

Je trouvais cela drôle et je me la représentais très concrètement avec de longues oreilles et un museau proéminent…mais de là à imaginer ma grand-mère sans tête !

Doit-on vraiment toujours croire ce que disent les adultes ?

Je me souviens que ma mère me promit un jour de m’accompagner pour faire du patin à glace. Une patinoire venait d’être installée en plein centre ville. Quelle ne fut ma surprise quand je découvris que c'était une "patiblanche"!

Une autre fois  mon père me mena à la foire aux bestiaux. Les poules m’intéressaient. Certaines, pondeuses , n’hésitaient pas à se produire en public. J’en gardais un souvenir inoubliable !

Au retour, pour le repas du soir, ma mère  me proposa un œuf à la coque . Ne savait-elle donc pas qu’un coq ne pouvait faire un œuf ?

Alors  sa mère décapitée … difficile à croire !

Pourtant mon père, lui, ne m’avait jamais menti.

Et moi je voulais ma grand-mère avec sa tête ! Comment faire ?

Euréka ! Repoussant ma couette à coups de pieds et de bras, je surgis du lit pour me précipiter vers mon bureau. Ma liste de commande au Père Noël y était encore posée. Tout en bas et en grand, j’y ajoutais « Tête de grand-mère », souligné trois fois ! J’y croyais tellement à ce bonhomme bouffi, si généreux et toujours fidèle au rendez-vous !

Mon père posta cette liste le lendemain…Au retour, il m'annonça que toute la famille se réunirait à la maison pour les fêtes.

Le matin de Noël, croyez-moi si vous voulez, au moment de déballer mes cadeaux , agenouillé au pied du sapin illuminé, jetant un coup d’œil vers les personnes qui passaient la porte du salon, je la vis.

Ma grand-mère était là  , sa tête bien posée sur ses épaules ! « Oh ! merci, merci, Père Noël !»,  répétai-je en silence.

Ma mère guida ma grand-mère jusqu’à la cheminée et l’installa . Un fauteuil lui était réservé quand elle nous rendait visite.

J’étais heureux.

Mais je ne comprenais pas pourquoi deux heures après elle était toujours assise au même endroit, souriante, le regard égaré , ses mains s'activant avec acharnement sur du papier cadeau. Devant elle,  s’en amoncelaient des tas de morceaux aussi petits que des confettis .Elle les obtenait  en déchirant machinalement et sans cesse les feuilles  enveloppant les nombreux présents que le Père Noël nous avait apportés.

Attendri, je lui souris .

Les raisons qui la poussaient à déchiqueter ainsi du papier m'importaient peu.  Ce qui comptait le plus pour moi en cette journée de Noël , n’était-ce qu’elle ait enfin retrouvé sa tête ?

  

©. Ange PEREZ. Décembre 2006.

Série Contes de Noël

 

 
 
12月20日

Pour vous...tout simplement.

 

Le temps d'un clic en pensant à mes ami(e)s "virtuel(le)s" et à la fois... si réel(le)s

  

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12月11日

Lune

 

 

 

  Entre nous deux

 

 

 

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....dans la nuit du 5 décembre 2006....

 

 

Ce soir, tu m’as dit qu’elle était pleine !

Tel un pion de nacre égaré

La belle blanche éclairant son damier

Nous guette dans l’obscurité.

 

Nos ombres se profilent à nos pieds.

Je pense un instant à la caverne de Platon

Et par association aux noirs de Redon,

Son araignée souriante se dressant avec peine.

 

Dans les méandres de mes pensées

Se croisent d’allégoriques circuits.

Bénéfiques ou malintentionnés?

Suis-je sous l'Influence de l’astre de la nuit ?

 

Ainsi du philosophe grec nous confrontant à la réalité

Au peintre bordelais nous initiant au fantastique

Un fil tendu dans le temps tisse du symbolique

 Sur lequel funambule j'expérimente la polarité.

 

Je vais d’un pôle à l’autre, yeux écarquillés,

 Dubitatif ou crédule, des tiens d’acier bleus

 Au sien cyclopéen,  parcours en pointillé

 Tant que  la lune est entre nous deux

 

 Ange